[1] Zoom : La friche. "Cessez de l'appeler dent creuse" ! "Elle grouille de vie."

Dernière mise à jour : janv. 30

Florilège de références et petits textes d'ethnobotanique et écologie urbaine [1]


"La biodiversité ordinaire".


La parcelle 49 (projet OCBO - avant lancement) sur l'îlot vert de Gentilly

Tous droits réservés association Agiv Gentilly

Extrait de : "Du terrain vague à la friche paysagée"

https://www-cairn-info.inshs.bib.cnrs.fr/revue-ethnologie-francaise-2010-4-page-597.htm

Mis en ligne sur Cairn.info le 29/10/2010

https://doi-org.inshs.bib.cnrs.fr/10.3917/ethn.104.0597



La parcelle 49 (projet OCBO - avant lancement) sur l'îlot vert de Gentilly


"Le végétal jaillit des palissades de tôle, par le haut et par le bas. L’entrée officielle se mérite : la Ville a équipé le vieux portail de l’usine d’une forte serrure provenant d’une prison.

Sentiment de pénétrer dans une intimité végétale, un lieu réservé (devant le portail entrouvert, la curiosité des passants est intense).














La parcelle 49 (projet OCBO - avant lancement) sur l'îlot vert de Gentilly



Une foulée bien tracée entre deux peuplements de buddleias conduit vers une dalle de ciment trouée de quelques îlots d’herbes et de jeunes arbres, face à deux murs couverts d’une fresque colorée surchargée de graffs.

Forte impression d’être surveillé par les habitants des immeubles environnants : il suffit de lever les yeux pour voir du monde à la fenêtre, parfois avec un appareil photographique ou des jumelles. Tel est le premier paradoxe de la friche : elle est ouverte et fermée.










La parcelle 49 (projet OCBO - avant lancement) sur l'îlot vert de Gentilly

À peine sorti de la jungle des buddleias, on est suivi du regard, ce que l’enquête confirmera abondamment. Censément close, la parcelle est saturée de signes d’occupation très divers. Le graff en est l’expression la plus spectaculaire, il y en a partout, sur toutes les surfaces possibles.





La parcelle 49 (projet OCBO - avant lancement) sur l'îlot vert de Gentilly












Aux graffiti s’ajoutent le cheminement bien marqué dans les hautes herbes ourlant les fourrés à buddleias, et aussi les déchets, extraordinairement nombreux et riches d’informations sur la vie de la friche, son insertion dans le quartier et la société de consommation en général."







La parcelle 49 (projet OCBO - avant lancement) sur l'îlot vert de Gentilly









"La friche est donc constituée d’un assemblage hétéroclite dont les principaux constituants (les plus stables !) sont les plantes et les déchets. Leur trait commun est d’avoir une double origine, locale et exogène. Une (petite) partie a été produite sur place. Il en est ainsi de la flore résiduelle de jardinets des temps de l’usine, suivie du squat, et de l’impressionnante collection multicolore des bombes de peinture vides abandonnées par les « graffeurs », qui ont aussi laissé derrière eux les emballages de leurs casse-croûte et grignotages (barres chocolatées, chips et canettes de boissons sucrées : très peu d’alcool ici)."




La parcelle 49 (projet OCBO - avant lancement) sur l'îlot vert de Gentilly



"Cette friche paysagée qui se confronte à la pratique d’une démocratie ordinaire sur l’espace public pourrait bien composer un nouveau modèle de nature urbaine, un « sauvage » particulièrement socialisé. ?"








Extrait de : Du terrain vague à la friche paysagée

https://www-cairn-info.inshs.bib.cnrs.fr/revue-ethnologie-francaise-2010-4-page-597.htm